{"id":150,"date":"2008-10-22T11:03:07","date_gmt":"2008-10-22T09:03:07","guid":{"rendered":"http:\/\/www.ceppecs.eu\/?p=150"},"modified":"2014-04-14T17:10:19","modified_gmt":"2014-04-14T15:10:19","slug":"lacces-des-jeunes-a-la-culture","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ceppecs.eu\/?p=150","title":{"rendered":"L&rsquo;acc\u00e8s des jeunes \u00e0 la culture"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><em>Retranscription de l&rsquo;intervention de Jean-Marie Lacrosse lors du colloque sur l\u2019acc\u00e8s des jeunes \u00e0 la culture organis\u00e9 par le Conseil de la Jeunesse d\u2019Expression fran\u00e7aise (CJEF) le 22 octobre 2008 au th\u00e9\u00e2tre \u00ab Le Public \u00bb \u00e0 Bruxelles, publi\u00e9e dans <a href=\"http:\/\/projeunes.be\/pjs_PDF\/RJ_archives\/resolument_jeunes_31_web.pdf\" target=\"_blank\">R\u00e9solument jeunes, n\u00b031, juin-ao\u00fbt 2010<\/a>.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je remercie vivement le CJEF (<a href=\"http:\/\/www.conseildelajeunesse.be\/\" target=\"_blank\">Conseil de la Jeunesse d&rsquo;Expression fran\u00e7aise<\/a>) et Mme Vandenhoute de m\u2019avoir invit\u00e9 \u00e0 intervenir dans cette journ\u00e9e \u00e0 propos d\u2019un probl\u00e8me qui me tient particuli\u00e8rement \u00e0 c\u0153ur : l\u2019acc\u00e8s des jeunes \u00e0 la culture. Je pr\u00e9cise tout de suite que ce n\u2019est pas mon domaine de sp\u00e9cialisation en sociologie. Je ne travaille pas dans ce domaine sp\u00e9cialis\u00e9 que l\u2019on nomme sociologie de la jeunesse. S\u2019il y a un domaine particulier o\u00f9 j\u2019ai men\u00e9 des enqu\u00eates empiriques, c\u2019est plut\u00f4t celui de la sant\u00e9 mentale ou mieux encore du ph\u00e9nom\u00e8ne\u00a0\u00ab psy \u00bb\u00a0comme on l\u2019appelait au moment de son \u00e9mergence, un ph\u00e9nom\u00e8ne qui s\u2019est largement d\u00e9velopp\u00e9 depuis une trentaine d\u2019ann\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019id\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, le fil rouge, l\u2019hypoth\u00e8se que je voudrais vous soumettre durant ce bref expos\u00e9 aura cependant directement \u00e0 voir avec ce qui m\u2019a occup\u00e9 pendant longtemps.<br \/>\nLa voici : les probl\u00e8mes et les difficult\u00e9s que rencontrent les jeunes dans l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la culture sont largement \u00e0 rechercher du c\u00f4t\u00e9 de ce que nous appelons\u00a0\u00ab la psychologie \u00bb, je pr\u00e9f\u00e9rerais dire du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019esprit, domaine qui, s\u2019il inclut les croyances religieuses (en tant que partie \u00e9ventuelle), est cependant loin de s\u2019y cantonner. J\u2019entends ici esprit au sens anglais de\u00a0\u00ab mind \u00bb\u00a0(non de\u00a0\u00ab spirit \u00bb). Certes les conditions mat\u00e9rielles peuvent \u00e9galement jouer un r\u00f4le dans les difficult\u00e9s d\u2019acc\u00e8s \u00e0 la culture mais cette difficult\u00e9 ne touche pas la grande majorit\u00e9 des jeunes qui b\u00e9n\u00e9ficient de la richesse sociale g\u00e9n\u00e9rale \u2013 provisoire peut-\u00eatre mais je ne crois pas \u2013 qu\u2019ont atteint nos soci\u00e9t\u00e9s. Voil\u00e0 l\u2019id\u00e9e que je voudrais un peu d\u00e9velopper et argumenter avec vous.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><!--more-->L\u2019organisatrice de cette journ\u00e9e m\u2019a demand\u00e9 de r\u00e9pondre \u00e0 trois questions :<br \/>\n&#8211; une qui rel\u00e8ve de l\u2019histoire de l\u2019acc\u00e8s des jeunes \u00e0 la culture<br \/>\n&#8211; une question relevant de la sociologie du probl\u00e8me. O\u00f9 en sommes-nous aujourd\u2019hui ?<br \/>\n&#8211; une question politique : \u00e0 partir de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, quelles priorit\u00e9s assigner \u00e0 une politique culturelle ax\u00e9e sur la jeunesse ?<br \/>\nLe programme est \u00e9videmment trop vaste pour \u00eatre trait\u00e9 en aussi peu de temps. Je vais donc \u00eatre extr\u00eamement sch\u00e9matique, voire caricatural -grossir le trait- mais peut-\u00eatre pourrons-nous pr\u00e9ciser certaines choses dans la discussion tout \u00e0 l\u2019heure (et puis, pour ceux qui souhaitent poursuivre la r\u00e9flexion, je mentionnerai quelques r\u00e9f\u00e9rences de livres ou d\u2019articles).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour l\u2019histoire du probl\u00e8me, nous disposons d\u2019une th\u00e8se remarquable d\u2019un jeune chercheur qu\u00e9b\u00e9cois (1). On peut, montre-t-il, distinguer trois \u00e9tapes principales dans cette histoire :<br \/>\n&#8211; Dans les soci\u00e9t\u00e9s traditionnelles \u2013 grosso modo jusque 1750 \u2013 les jeunes sont immerg\u00e9s et int\u00e9gr\u00e9s dans la culture qui a l\u00e0 un sens global et collectif. Ils remplissent certains r\u00f4les dans la pr\u00e9paration des \u00e9v\u00e9nements locaux comme les c\u00e9r\u00e9monies religieuses, les carnavals, les f\u00eates, etc. Ils occupent ces statuts et remplissent ces r\u00f4les dans la proximit\u00e9 et sous la d\u00e9pendance du monde adulte, auquel ils sont subordonn\u00e9s. Il n\u2019y a pas l\u00e0 \u00e0 proprement parler de mouvements de jeunes.<br \/>\n&#8211; Ceux-ci apparaissent au moment o\u00f9 nos soci\u00e9t\u00e9s sortent de la tradition pour entrer dans le r\u00e9gime de l\u2019histoire c\u2019est-\u00e0-dire vers 1750. Ce passage se traduit par un basculement dans les valeurs collectives du pass\u00e9 vers l&rsquo;avenir; c&rsquo;est bien cette valorisation de l\u2019avenir qui donne \u00e0 la jeunesse une valeur et une signification jusque l\u00e0 in\u00e9dite : elle est l\u2019incarnation par excellence de l\u2019avenir et d\u2019un avenir suppos\u00e9 meilleur que le pass\u00e9.<br \/>\nOn peut qualifier cette longue p\u00e9riode qui commence vers 1750 et se termine vers 1970 comme la phase d\u2019\u00e9mancipation et d\u2019autonomisation de la jeunesse. Les jeunes vont peu \u00e0 peu conqu\u00e9rir une certaine ind\u00e9pendance vis-\u00e0-vis du monde adulte. Je passe rapidement sur la contradiction qui traverse toute cette p\u00e9riode : les jeunes sont \u00e0 la fois cens\u00e9s prendre une place \u00e0 part enti\u00e8re pour changer le monde et le rendre meilleur, et ils doivent pour cela subir de longues frustrations, priv\u00e9s qu&rsquo;ils sont de loisirs et de libert\u00e9, sexuelle par exemple, par l\u2019allongement de la scolarit\u00e9. C\u2019est cette contradiction qui a \u00e9t\u00e9 au c\u0153ur du ph\u00e9nom\u00e8ne de la r\u00e9volte adolescente et qui a plus largement donn\u00e9 son contenu au mot m\u00eame d\u2019adolescence. J&rsquo;extrais de la th\u00e8se de Jacques Goguen une citation des Wanderv\u00f6gel, dans leur manifeste de 1913 du Hohen Meissner. Elle suffit pour illustrer l\u2019aspiration latente et profonde qui est celle de la jeunesse vers 1900, moment qui se situe en quelque sorte \u00e0 l&rsquo;apog\u00e9e de ces fortes tensions cr\u00e9atrices : \u00ab<em> La jeunesse qui n\u2019\u00e9tait jusqu\u2019ici qu\u2019un appendice de l\u2019ancienne g\u00e9n\u00e9ration, tenue \u00e0 l\u2019\u00e9cart de la vie publique, cantonn\u00e9e dans le r\u00f4le passif de l\u2019apprenti et dans les jeux aimables mais futiles, commence \u00e0 se fixer elle-m\u00eame le cours de sa vie, ind\u00e9pendamment des habitudes paresseuses des vieux pr\u00e9ceptes dict\u00e9s par de hideuses conventions, elle aspire \u00e0 un mode de vie qui convienne \u00e0 la nature de la jeunesse tout en lui permettant de prendre au s\u00e9rieux elle-m\u00eame et son action et de s\u2019int\u00e9grer comme un facteur particulier dans l\u2019action culturelle g\u00e9n\u00e9rale\u2026 <\/em>\u00bb. Citons seulement quelques noms pour baliser le parcours de cette flamboyante culture adolescente : les po\u00e8tes G\u00e9rard de Nerval et bien s\u00fbr, Verlaine et Rimbaud, mais aussi les d\u00e9buts du Rock (Elvis Presley, Bill Haley, Chuck Berry, Eddy Cochran, etc.) et de la pop (les Beatles, Pink Floyd, Jimi Hendrix, Janis Joplin, etc.). Cette r\u00e9volte adolescente a donc \u00e9t\u00e9 un foyer exceptionnel de culture, de la seconde moiti\u00e9 du 19\u00e8me si\u00e8cle aux ann\u00e9es 1970 qui ont v\u00e9ritablement consacr\u00e9 l\u2019aboutissement et l&rsquo;ach\u00e8vement de ce mouvement d\u2019autonomisation. On peut estimer que le foyer incandescent de la r\u00e9volte adolescente s\u2019est \u00e9teint dans les ann\u00e9es 70.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; Nous sommes entr\u00e9s depuis lors dans une autre phase. Certes, nous avons assist\u00e9 au sacre de la jeunesse mais -rien n\u2019\u00e9choue comme le succ\u00e8s- ce sacre s\u2019est accompagn\u00e9 d\u2019un affaissement de l\u2019id\u00e9e m\u00eame de la r\u00e9volte et peut-\u00eatre aussi de cette cr\u00e9ativit\u00e9 adolescente qui a marqu\u00e9 le 20\u00e8me si\u00e8cle de fa\u00e7on ind\u00e9l\u00e9bile.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On peut ainsi, passant de l\u2019histoire \u00e0 la sociologie de la jeunesse, d\u00e9gager trois traits de la culture jeune contemporaine qui se laissent d\u00e9chiffrer comme autant de cons\u00e9quences de ce sacre.<br \/>\nNous pouvons dire d\u2019abord que nous avons aujourd\u2019hui une jeunesse sans r\u00e9volte mais qui est amen\u00e9e \u00e0 vivre dans un monde sans adultes, un monde marqu\u00e9 en son c\u0153ur par une adolescence perp\u00e9tuelle.<br \/>\nIllustrons cette \u00e9volution par une br\u00e8ve histoire du ph\u00e9nom\u00e8ne Rock si bien analys\u00e9 par Paul Yonnet (2). Au point de d\u00e9part, dans les ann\u00e9es 50, le rock peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme le dernier avatar de la culture de la r\u00e9volte adolescente. Ses \u00ab objectifs \u00bb politiques tiennent en trois mots : sexe, race, g\u00e9n\u00e9ration. Libert\u00e9 sexuelle, \u00e9galit\u00e9 raciale et l\u00e9gitimit\u00e9 voire valorisation des m\u00e9tissages, fraternit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rationnelle. Ces objectifs sont atteints au d\u00e9but des ann\u00e9es 80.\u00a0\u00ab <em>Le fait g\u00e9n\u00e9rationnel, <\/em>\u00e9crit Yonnet<em>, a contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019universalisation du monde. Et son expression, le rock, est devenue une culture dominante de notre \u00e9poque, une culture dominante mais \u00e9puis\u00e9e par cette ascension, \u00e0 la cr\u00e9ativit\u00e9 \u00e0 pr\u00e9sent \u00e9teinte par les conditions de son fulgurant et envahissant succ\u00e8s, un rock int\u00e9rieurement condamn\u00e9 \u00e0 la recomposition r\u00e9p\u00e9titive ou au \u00ab revival \u00bb, ext\u00e9rieurement d\u00e9sarm\u00e9 par sa r\u00e9ussite sociale et l\u2019obtention de ses buts<\/em> \u00bb. Reste alors une\u00a0\u00ab esth\u00e9tique rock \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire un mode de vie diffus\u00e9 et banalis\u00e9 dans toute la soci\u00e9t\u00e9, une autre fa\u00e7on de jouer avec les mots, un imaginaire de l\u2019adolescence perp\u00e9tuelle, cette derni\u00e8re expression rendant compte assez fid\u00e8lement de la difficult\u00e9 d\u2019\u00eatre nouvelle des jeunes : ils se vouent d\u00e9sormais avant tout \u00e0 leur \u00e9panouissement personnel et ne manifestent aucune envie, ni de reprendre l\u2019histoire en charge, ni de sortir de leur condition qui leur para\u00eet beaucoup plus enviable que celle des adultes, les dits\u00a0\u00ab <em>adultes <\/em>\u00bb\u00a0eux-m\u00eames ayant par ailleurs pour principal objectif de\u00a0\u00ab<em> rester jeunes <\/em>\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire affranchis de toute d\u00e9termination et ouvert aussi longtemps que possible \u00e0 toutes les possibilit\u00e9s qui se pr\u00e9senteraient \u00e0 eux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Deuxi\u00e8me trait qui concerne les notions m\u00eames, si ch\u00e8res \u00e0 Bourdieu, de\u00a0\u00ab <em>culture dominante<\/em> \u00bb\u00a0et de\u00a0\u00ab <em>culture l\u00e9gitime<\/em> \u00bb\u00a0chez les jeunes. Les cons\u00e9quences de cette s\u00e9cession de la culture jeune sur le sens m\u00eame de ces notions ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment bien mises en \u00e9vidence par Dominique Pasquier (3). Non seulement la culture auparavant l\u00e9gitime, la grande culture classique n\u2019est plus la culture dominante (version Bourdieu), c\u2019est la culture populaire, commerciale, ax\u00e9e sur l\u2019image et la musique qui tient le haut du pav\u00e9 mais en plus, ce renversement des hi\u00e9rarchies produit, dans certaines \u00e9coles plus particuli\u00e8rement, un nouveau conformisme, une v\u00e9ritable tyrannie de la majorit\u00e9, marginalisant ceux qui osent faire \u00e9tat de leur go\u00fbt pour la lecture, le th\u00e9\u00e2tre ou la musique classique par exemple.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin troisi\u00e8me trait, le plus interpellant peut-\u00eatre, l\u2019effondrement du d\u00e9sir d\u2019apprendre chez les adolescents qui rend l\u2019\u00e9ducation impossible et qui a d\u2019ailleurs d\u00e9j\u00e0 amen\u00e9 \u00e0 red\u00e9finir les fonctions assign\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9ducation. Depuis une quinzaine d&rsquo;ann\u00e9es, le but premier assign\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9ducation n&rsquo;est plus d&rsquo; apprendre ou d&rsquo; \u00e9duquer mais de redonner du sens aux savoirs et de rendre aux adolescents le go\u00fbt du savoir (c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs le th\u00e8me d\u2019un atelier de cet apr\u00e8s-midi). Les savoirs, la science en particulier, ne font plus r\u00eaver. Ils se heurtent \u00e0 une culture de l\u2019expression de soi, de la spontan\u00e9it\u00e9, de l\u2019authenticit\u00e9 qui les disqualifie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En conclusion, quelles priorit\u00e9s assigner \u00e0 une politique culturelle ax\u00e9e sur la jeunesse ? Si je me suis bien fait comprendre, elles me semblent couler de source : il faut au plus t\u00f4t ouvrir un grand chantier qui s&rsquo;attaque \u00e0 chacun des trois axes que je viens de d\u00e9crire trop bri\u00e8vement.<br \/>\nJe ne mentionnerai express\u00e9ment qu\u2019un seul point : comment en finir avec ce mythe de l\u2019expression spontan\u00e9e ? Comment tordre le cou \u00e0 ce naturalisme d\u00e9voy\u00e9 ? Les grands \u00e9crivains ne sont pas ceux qui ont un don inn\u00e9 de l\u2019expression juste, ce sont ceux qui ont une conscience aig\u00fce de l\u2019incapacit\u00e9 naturelle de l\u2019esp\u00e8ce humaine \u00e0 s\u2019exprimer.<br \/>\nIl s\u2019agit en quelque sorte de remettre en honneur, dans le domaine de l\u2019esprit, les m\u00e9thodes et les recettes que nous savons si bien appliquer dans le domaine du corps, du sport par exemple. Nos grands footballeurs, les Sonck, Fellaini, Defour, Kompany et autres sont des travailleurs infatigables du ballon, des adeptes fervents du geste cent fois r\u00e9p\u00e9t\u00e9, de l&rsquo;automatisme peu \u00e0 peu acquis, de la manoeuvre sans cesse rectifi\u00e9e. Par quel\u00a0\u00ab <em>miracle<\/em> \u00bb\u00a0l&rsquo;esprit \u00e9chapperait-il \u00e0 des contraintes et des servitudes dont le corps ne peut faire l&rsquo;\u00e9conomie ?<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Jean-Marie Lacrosse<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"font-size: 13px;\">(1) Jacques Goguen,\u00a0<\/span><em style=\"font-size: 13px;\">Pour une th\u00e9orie des mouvements de jeunes<\/em><span style=\"font-size: 13px;\">, Th\u00e8se, Universit\u00e9 de Paris-I Sorbonne, 2003. Voir aussi<\/span><em style=\"font-size: 13px;\"> Ascension et d\u00e9clin des mouvements de jeunes<\/em><span style=\"font-size: 13px;\">, Le D\u00e9bat, 132, Gallimard, novembre-d\u00e9cembre 2004.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">(2) Paul Yonnet,\u00a0<em>Temps libre et lien social, L\u2019esth\u00e9tique rock<\/em>, Gallimard, 1999, pp. 133-176<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">(3) Dominique Pasquier,\u00a0<em>Cultures lyc\u00e9ennes. La tyrannie de la majorit\u00e9<\/em>, Autrement, 2005<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Retranscription de l&rsquo;intervention de Jean-Marie Lacrosse lors du colloque sur l\u2019acc\u00e8s des jeunes \u00e0 la culture organis\u00e9 par le Conseil de la Jeunesse d\u2019Expression fran\u00e7aise (CJEF) le 22 octobre 2008 au th\u00e9\u00e2tre \u00ab Le Public \u00bb \u00e0 Bruxelles, publi\u00e9e dans &hellip; <a href=\"https:\/\/www.ceppecs.eu\/?p=150\">Lire la suite <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6,31],"tags":[],"class_list":["post-150","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-medias","category-textes"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.ceppecs.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/150","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.ceppecs.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.ceppecs.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ceppecs.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ceppecs.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=150"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/www.ceppecs.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/150\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":715,"href":"https:\/\/www.ceppecs.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/150\/revisions\/715"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.ceppecs.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=150"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ceppecs.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=150"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ceppecs.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=150"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}