{"id":461,"date":"2011-08-01T12:57:13","date_gmt":"2011-08-01T10:57:13","guid":{"rendered":"http:\/\/www.ceppecs.eu\/?p=461"},"modified":"2011-09-03T18:51:06","modified_gmt":"2011-09-03T16:51:06","slug":"la-belgique-telle-qu%e2%80%99elle-s%e2%80%99ignore-bis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ceppecs.eu\/?p=461","title":{"rendered":"La Belgique telle qu\u2019elle s\u2019ignore (bis)"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.ceppecs.eu\/wp-content\/uploads\/2011\/08\/Alexandre-Farn%C3%A8se_Vaenius.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-745\" title=\"Alexandre Farn\u00e8se_Vaenius\" src=\"http:\/\/www.ceppecs.eu\/wp-content\/uploads\/2011\/08\/Alexandre-Farn%C3%A8se_Vaenius-238x300.png\" alt=\"\" width=\"238\" height=\"300\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1997, j\u2019avais publi\u00e9 sous ce m\u00eame intitul\u00e9, dans la prestigieuse revue fran\u00e7aise Le D\u00e9bat (1), un texte qui, par sa teneur et sa longueur m\u00eame, s&rsquo;apparentait plus \u00e0 un \u00ab\u00a0essai\u00a0\u00bb qu&rsquo;\u00e0 un simple \u00ab\u00a0article\u00a0\u00bb. Le texte commen\u00e7ait par ces mots\u00a0: <em>\u00ab\u00a0La Belgique existe. Mais, depuis toujours, elle existe sur un mode tel que l\u2019on peut ne pas voir qu\u2019elle existe. Dans cette ruse supr\u00eame r\u00e9side sa singularit\u00e9. Le profil bas qu\u2019elle adopte avec opini\u00e2tret\u00e9, jusqu\u2019\u00e0 laisser croire qu\u2019elle n\u2019existe pas, dissimule une identit\u00e9 puissante, distinctive et persistante mais qui s\u2019exprime avant tout d\u00e9fensivement\u00a0\u00bb<\/em>. Je concluais cette introduction par un diagnostic sans ambig\u00fcit\u00e9\u00a0: la crise que nous traversons est plus une crise de repr\u00e9sentation qu&rsquo;une crise d\u2019identit\u00e9. Elle provient d\u2019un <em>\u00ab\u00a0d\u00e9calage entre l\u2019identit\u00e9 v\u00e9cue et ressentie, d\u2019une part, la teneur des discours politiques et des sch\u00e8mes intellectuels \u00e0 m\u00eame d\u2019en fournir une expression, d\u2019autre part\u00bb.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le texte, totalement \u00e0 contre-courant, avait \u00e9t\u00e9 beaucoup lu \u00e0 l\u2019\u00e9poque mais \u00ab\u00a0sous le manteau\u00a0\u00bb, ne donnant lieu qu\u2019\u00e0 l\u2019un ou l&rsquo;autre compte rendu dans la presse et \u00e0 une \u00e9mission radio de Jacques Bauduin. Dans les partis politiques, seul Ecolo avait donn\u00e9 un large \u00e9cho public \u00e0 cette vision h\u00e9t\u00e9rodoxe de notre r\u00e9alit\u00e9 nationale (2).Treize ans plus tard, au vu des p\u00e9rip\u00e9ties r\u00e9centes, du Bye Bye Belgium de 2006 \u00e0 l\u2019irr\u00e9sistible ascension de la NVA, consacr\u00e9e par les \u00e9lections de ce 13 juin 2010, je devrais l\u00e9gitimement me poser la question\u00a0: ai-je \u00e9t\u00e9 aveugl\u00e9 dans mon diagnostic par un amour excessif de la Belgique qu\u2019ont cru y d\u00e9celer certains journaux de l\u2019\u00e9poque (3) ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><!--more-->Eh bien, je ne le pense pas pour peu que l\u2019on s\u2019accorde sur trois propri\u00e9t\u00e9s fondamentales du monde humain-social concern\u00e9 par de telles analyses. Trois dimensions qu\u2019il est utile de se rem\u00e9morer tant elles sont structurellement brouill\u00e9es par l\u2019environnement m\u00e9diatique dans lequel nous sommes immerg\u00e9s\u00a0. La dimension du politique, v\u00e9ritable infrastructure de nos soci\u00e9t\u00e9s d\u00e9mocratiques comme on vient encore de le voir \u00e0 l\u2019occasion de la crise financi\u00e8re. La dimension de la dur\u00e9e : le poids de l\u2019histoire longue ne dispara\u00eet pas parce que le pr\u00e9sentisme l\u2019ignore. Elle passe dans l\u2019inconscient o\u00f9 elle \u00e9chappe totalement \u00e0 notre emprise et neutralise notre capacit\u00e9 m\u00eame de cr\u00e9er du nouveau. La dimension symbolique enfin -le sens des choses dit prosa\u00efquement- que notre ali\u00e9nation \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9duit \u00e0 un suppl\u00e9ment d\u2019\u00e2me, relevant de l\u2019\u00e9motionnel, alors qu\u2019elle est la substance m\u00eame de notre vie psychique et mat\u00e9rielle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une fois retrouv\u00e9es ces boussoles et d\u00e9blay\u00e9s ces unilat\u00e9ralismes qui brouillent nos rep\u00e8res, qu\u2019est ce qui s\u2019impose \u00e0 notre regard\u00a0? Une contradiction massive. C\u2019est l\u2019\u00e9l\u00e9ment le plus stable et le plus permanent de la question nationale belge depuis au moins 40 ans, une contradiction qui surplombe et domine toutes les questions institutionnelles dans ce pays. Tentons de la formuler de la mani\u00e8re la plus nette et la plus simple possible\u00a0: si l\u2019on est UN, on n\u2019est pas DEUX, et si l\u2019on est DEUX, on n\u2019est pas UN. Ce n\u2019est ni le bon docteur Jekyll, ni l\u2019abominable mister Hyde qui nous d\u00e9mentiront.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Or, concr\u00e8tement, depuis 40 ans sans exception, tous les sondages en r\u00e8gle en t\u00e9moignent : il n\u2019y a qu\u2019UN peuple qui se sait et s\u2019auto-proclame tel \u00e0 hauteur de plus ou moins 90%, avec une diff\u00e9rence de plus ou moins 5% entre le nord et le sud du pays. A d\u00e9faut de r\u00e9f\u00e9rendum -maintes fois demand\u00e9 aussi bien par des constitutionnalistes que par des sociologues- on est bien l\u00e0 dans le fameux \u00ab\u00a0pl\u00e9biscite de tous les jours\u00a0\u00bb cher \u00e0 Renan. Ou, pour prendre une r\u00e9f\u00e9rence plus centrale encore, celle du Contrat Social de Rousseau, une volont\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale aussi massive et aussi in\u00e9branlable \u00ab\u00a0ne peut errer\u00a0\u00bb, elle est tout simplement \u00ab\u00a0infaillible\u00a0\u00bb et il faut se consid\u00e9rer comme un \u00eatre sup\u00e9rieur au peuple, un dieu en quelque sorte, pour l&rsquo;ignorer ou la bafouer (4).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A l\u2019oppos\u00e9, tout ce qui dans ce pays rel\u00e8ve du syst\u00e8me de repr\u00e9sentation politique et m\u00e9diatique suppose av\u00e9r\u00e9e l\u2019existence de DEUX peuples ou anticipe pour un futur proche leur glorieux av\u00e8nement. Cela va de la scission radicale des partis politiques \u00e0 la funeste m\u00e9taphore du mariage \u00ab\u00a0in\u00e9luctablement vou\u00e9 au divorce tant les difficult\u00e9s du couple paraissent insurmontables\u00a0\u00bb. L\u2019\u00e9vocation de ces DEUX peuples rel\u00e8ve de la contrainte mentale, de l&rsquo;habitus aurait dit Bourdieu\u00a0: pourquoi, quelques lignes plus haut, me suis-je moi-m\u00eame senti quasi oblig\u00e9 de mentionner cette insignifiante diff\u00e9rence de 3 \u00e0 7% dans les sondages qui font fonction par d\u00e9faut de r\u00e9f\u00e9rendum permanent?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais il y a plus\u00a0: c\u2019est l\u2019histoire de ce pays elle-m\u00eame qui est enti\u00e8rement falsifi\u00e9e et contrefaite pour asseoir la l\u00e9gitimit\u00e9 de cette suppos\u00e9e dualit\u00e9 d&rsquo;essence. Officiellement, il ne s\u2019est rien pass\u00e9 en 1830 en dehors des occultes man\u0153uvres des grandes puissances de l\u2019\u00e9poque. Et, bien s\u00fbr, comme chacun sait, la ridicule devise \u00ab\u00a0l\u2019union fait la force\u00a0\u00bb renvoie \u00e0 la tentative avort\u00e9e d\u2019associer ces DEUX peuples, ethniquement si diff\u00e9rents et si oppos\u00e9s (5).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pourtant la gen\u00e8se de cette \u00e9puisante schizophr\u00e9nie, qui se forme puis se cristallise au d\u00e9but du XX\u00e8me si\u00e8cle, a \u00e9t\u00e9 minutieusement reconstitu\u00e9e par nos coll\u00e8gues historiens. Lode Wils (6), seule source disponible au moment o\u00f9 j\u2019\u00e9crivais ce texte en 1996, en avait fourni un r\u00e9cit d\u00e9taill\u00e9 d\u00e8s 1992. A quelques d\u00e9tails pr\u00e8s, Jean Stengers et Eliane Gubin (7)\u00a0en ont confirm\u00e9 la trame en 2002. C\u2019est bien la m\u00eame histoire qui s\u2019impose au chercheur, qu&rsquo;il soit professeur \u00e0 la KUL ou \u00e0 l\u2019ULB\u00a0: l\u2019histoire compliqu\u00e9e et profond\u00e9ment intriqu\u00e9e de deux mouvements sociaux, le mouvement flamand et le mouvement wallon, qui, pour atteindre leurs objectifs propres et parfaitement l\u00e9gitimes, sont devenus synchroniquement anti-belges et se sont retourn\u00e9s contre la communaut\u00e9 historique qui les avaient fait na\u00eetre, travaillant de concert \u00e0 sa liquidation. Un sc\u00e9nario de type oedipien qui rel\u00e8ve de la psychoth\u00e9rapie collective! Un si\u00e8cle plus tard, le peuple-p\u00e8re (ou m\u00e8re\u00a0?) est toujours l\u00e0, bien vivant, et les deux peuples-enfants aussi, avec les m\u00eames profils id\u00e9ologiques contrast\u00e9s qu&rsquo;au d\u00e9part, correspondant \u00e0 ce qui serait ailleurs la droite et la gauche, mais avec, on en conviendra, une personnalit\u00e9 \u00ab\u00a0nationale\u00a0\u00bb bien plus consistante au nord qu&rsquo;au sud.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De quels ingr\u00e9dients historiques s&rsquo;est nourrie cette situation, en apparence de plus en plus inextricable\u00a0? Il n\u2019est pas difficile de voir le r\u00f4le majeur qu\u2019y a jou\u00e9 la construction europ\u00e9enne telle qu\u2019elle s\u2019est faite de 1945 \u00e0 2005, date du refus simultan\u00e9 en France et aux Pays-Bas, valid\u00e9 dans les deux cas par un r\u00e9f\u00e9rendum en bonne et due forme, du Trait\u00e9 constitutionnel europ\u00e9en. Un refus qui signifiait clairement la fin d\u2019un projet europ\u00e9en fond\u00e9 sur les r\u00e9gions et le renvoi aux calendes grecques de l\u2019\u00e9dification d\u2019une Nation Europ\u00e9enne. Il n\u2019y a plus qu\u2019en Belgique que l\u2019on feint de croire que le d\u00e9passement des nations et l&rsquo;av\u00e8nement des identit\u00e9s \u00ab\u00a0post-nationales\u00a0\u00bb repr\u00e9sentent encore un horizon cr\u00e9dible. Que ceux qui en douteraient regardent ce qui se passe en Grande-Bretagne, en France ou en Allemagne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est pourtant cette perspective post-nationale qu\u2019a \u00e9voqu\u00e9e \u00e0 nouveau Bart De Wever lors de ses premi\u00e8res interviews d&rsquo;informateur, comme le faisait pr\u00e9c\u00e9demment Jos\u00e9 Happart dans tous ses discours. On peut y voir la reconnaissance implicite que l\u2019ind\u00e9pendance de la Flandre ne pourrait s\u2019envisager qu&rsquo;avec l\u2019apport d\u2019une \u00e9nergie ext\u00e9rieure et que l&rsquo;on ne parviendrait pas \u00e0 casser la baraque belge en s&rsquo;y prenant seulement de l&rsquo;int\u00e9rieur. Le paradoxe, et non le moindre, du rejet de l\u2019Europe des nations est qu\u2019elle enfante&#8230;des nations.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nul doute \u00e9galement, c&rsquo;est le deuxi\u00e8me ingr\u00e9dient historique, que la nation flamande en devenir capte dans l\u2019air du temps n\u00e9o-lib\u00e9ral de quoi entretenir son imaginaire d\u2019ind\u00e9pendance\u00a0: l&rsquo;individualisme fragmentateur, le pr\u00e9sentisme et l\u2019\u00e9conomisme qui dominent les esprits font oublier les revirements de la conjoncture \u00e9conomique sur le long terme tandis que le victimisme -horizon ind\u00e9passable de notre temps selon la formule de l\u2019historien Krzysztof Pomian (8)- ranime la flamme de combats termin\u00e9s et gagn\u00e9s depuis longtemps. Pas tr\u00e8s difficile d\u00e8s lors pour la NVA d&rsquo;endosser le maillot jaune des h\u00e9ros du temps pr\u00e9sent\u00a0: la victime qui gagne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nul doute enfin que la consistance de l\u2019identit\u00e9 nationale flamande s\u2019alimente \u00e9galement \u00e0 une troisi\u00e8me source, jaillie, elle, de l\u2019histoire mill\u00e9naire de l\u2019Europe. La Flandre \u00e9ternelle des artistes \u00ab\u00a0flamands\u00a0\u00bb, de Van Eyck \u00e0 Bruegel, de Maeterlinck \u00e0 Jacques Brel, de Marieke \u00e0 Frida la Blonde,\u00a0\u00ab\u00a0entre les tours de Bruges et Gand\u00a0\u00bb. Ce n\u2019est pas la m\u00eame Flandre bien s\u00fbr, mais la mythologie, \u00e0 la diff\u00e9rence de l\u2019histoire, s\u2019embarrasse peu de ce genre de consid\u00e9rations.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors, docteur House, diagnostic \u00e0 revoir\u00a0? S\u00fbrement, sur un point essentiel. En 1997, j\u2019avais fait grand cas de \u00ab\u00a0l\u2019attachement profond du peuple belge \u00e0 son identit\u00e9 nationale\u00a0\u00bb. Je n\u2019avais pas suffisamment pris en compte un \u00e9l\u00e9ment essentiel\u00a0: dans le climat de d\u00e9pression morale qui accable nos soci\u00e9t\u00e9s, des \u00e9volutions peuvent survenir sans que personne ou presque personne ne les ait voulues mais n\u2019ait non plus rien fait pour les emp\u00eacher. Voil\u00e0 o\u00f9 nous en sommes apr\u00e8s avoir d\u00e9sactiv\u00e9 la volont\u00e9, aussi bien dans l\u2019existence collective qu\u2019individuelle, comme si l\u2019humanit\u00e9 pouvait se faire sans elle, comme si, dans l&rsquo;esp\u00e8ce humaine, les choses pouvaient marcher toutes seules sous la conduite d\u2019une myst\u00e9rieuse main invisible. Il est peu probable dans ces conditions que nous puissions sortir \u00e0 court terme de l&rsquo;orni\u00e8re dans laquelle nous sommes embourb\u00e9s. Il faudra pourtant bien un jour que nous nous remettions, dans tous les domaines, \u00e0 savoir ce que nous voulons car, comme le dit un proverbe s\u00e9n\u00e9galais\u00a0: \u00ab\u00a0Un chien a beau avoir quatre pattes, il ne peut pas suivre deux chemins \u00e0 la fois\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jean-Marie Lacrosse<\/p>\n<hr style=\"text-align: justify;\" size=\"1\" \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">(1) La Belgique telle qu&rsquo;elle s&rsquo;ignore, <em>Le D\u00e9bat, <\/em>n\u00b094, mars-avril 1997, pp.12-41<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(2) Les \u00e9tats g\u00e9n\u00e9raux de l&rsquo;\u00e9cologie politique. <em>Belgique, disparition d&rsquo;une nation europ\u00e9enne?<\/em> Luc Pire 1997, pp.17-30<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(3) Par exemple, la sympathique recension de Francis Unwin \u00ab\u00a0Les dr\u00f4les de Belgique de de Heusch et de Lacrosse\u00a0\u00bb dans La Meuse-La lanterne<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(4) <em>Du contrat social<\/em>, Livre II, chap. III, Si la volont\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale peut errer, <em>\u00ab\u00a0Si, quand le peuple suffisamment inform\u00e9 d\u00e9lib\u00e8re, les citoyens n&rsquo;avaient aucune communication entre eux, du grand nombre de petites diff\u00e9rences r\u00e9sulterait toujours la volont\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale, et la d\u00e9lib\u00e9ration serait toujours bonne.(&#8230;) Ces pr\u00e9cautions sont les seules bonnes pour que la volont\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale soit toujours \u00e9clair\u00e9e, et que le peuple ne se trompe point\u00a0\u00bb<\/em>. C&rsquo;est de cette doctrine fondatrice que sortent directement toutes les proc\u00e9dures \u00e9lectorales ou r\u00e9f\u00e9rendaires mises en place par nos r\u00e9gimes d\u00e9mocratiques (ainsi que les sondages qui se veulent scientifiques): la confidentialit\u00e9 absolue du vote garantie \u00e0 chaque citoyen individuellement, proc\u00e9dure dont la transgression suscite les plus vives indignations dans l&rsquo;opinion, on vient encore de le voir tout r\u00e9cemment.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(5) Il s&rsquo;agit bien s\u00fbr, faut-il le rappeler, de tout autre chose : l&rsquo;union des catholiques et des lib\u00e9raux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(6) Lode Wils, <em>Histoire des nations belges<\/em>, Quorum 1992, Labor 2005<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(7) Jean Stengers et Eliane Gubin, <em>Histoire du sentiment national en Belgique des origines \u00e0 1918, Tome 2, Le grand si\u00e8cle de la nationalit\u00e9 belge<\/em>, Racine 2002<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(8) Krzysztof Pomian, Victime. L&rsquo;horizon ind\u00e9passable de notre temps, <em>Le D\u00e9bat,<\/em> n\u00b0 160, mai-ao\u00fbt 2010, pp. 265-269<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 1997, j\u2019avais publi\u00e9 sous ce m\u00eame intitul\u00e9, dans la prestigieuse revue fran\u00e7aise Le D\u00e9bat (1), un texte qui, par sa teneur et sa longueur m\u00eame, s&rsquo;apparentait plus \u00e0 un \u00ab\u00a0essai\u00a0\u00bb qu&rsquo;\u00e0 un simple \u00ab\u00a0article\u00a0\u00bb. 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