CONFÉRENCE « Addiction à la croissance et dépérissement politique »

« Depuis 1945, c’est par la croissance que la stabilité et le gouvernement politique des sociétés démocratiques européennes ont été assurés. Aussi, lorsque, à partir des années 1970, la croissance a montré ses premiers signes de ralentissement, nos sociétés ont cherché à s’injecter à tout prix les doses qui leur étaient devenues indispensables et, ce faisant, sont entrées dans un engrenage, où il apparaît que la croissance n’a pas été une manière de gouverner politiquement les démocraties, mais une manière de ne pas les gouverner. À la faveur de la crise, la politique est en train de se réinviter à la table de notre histoire. »
(in Le débat n° 182, Jérôme Batout, Emmanuel Constantin, Croissance, crise et dépérissement de la politique)

Conférence de Jérôme Batout, économiste et philosophe, et Emmanuel Constantin, ingénieur-élève du Corps des Mines, organisée par le CEPPECS et Etopia

Quand ? Le 6 juin 2015, de 14h30 à 17h30

Où ? Au Pavillon des conférences, Clos Chapelle-aux-champs, 19 à 1200 Bruxelles

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2007-2012. Le cePPecs cinq ans après

Au moment de clôturer notre cycle 2015, et persuadés plus que jamais de la dimension proprement cognitive et intellectuelle de la crise écologique, nous republions cette lettre rédigée à l’occasion du cinquième anniversaire de notre institution.  

Le Collège Européen de Philosophie Politique de l’Education, de la Culture et de la Subjectivité (cePPecs) a été inauguré le 13 janvier 2007. Cinq ans plus tard, le constat que nous faisions au moment de sa création nous paraît plus que jamais d’actualité (« notre projet »). En dépit d’un allongement de la formation et d’une élévation des niveaux de compétence, d’un accroissement de la quantité d’informations disponibles, d’une facilitation de l’accès à celles-ci et de leur échange, nos sociétés de la connaissance se connaissent de moins en moins elles-mêmes et ne savent plus où elles vont. La réalité est jugée trop complexe, l’ensemble insaisissable, la fragmentation des savoirs et des points de vue indépassable. Pullulent et cohabitent dès lors dans l’espace public médiatique savoirs experts hyperspécialisés, formules émotionnelles élaborées par les agences de « communication », discours idéologiques partiels et partiaux mêlant poncifs, rumeurs, fantasmes et croyances irréfléchies. Et au bout du compte, l’angoisse et l’impuissance devant ce qui apparaît comme une inéluctable fatalité, signant notre passage à un monde « post-moderne ».

Afin de comprendre un tel paradoxe, il faut s’interroger sur ce que sont en réalité nos sociétés de la connaissance et d’abord, de quelle connaissance il s’agit. Comme chacun sait, les sciences de la nature partagent le réel en domaines d’investigations partielles avec chacun leurs questions et leurs méthodes élaborées pour y répondre. Elles tendent ainsi à l’hyperspécialisation et à la validation autoréférentielle et excluent toute appréhension d’ensemble du domaine où elles s’appliquent. Au contraire, les sciences de l’homme et de la société s’enracinent nécessairement dans une culture qui relie les approches partielles à une perspective d’ensemble et leur donne sens. L’éclaircissement conceptuel y est la règle d’or et non la formalisation ou la constitution de jargons. Et elles sont tournées vers l’exercice de jugements éclairés, sur base d’une appréciation de la situation globale. Tout cela en raison des propriétés spécifiques de leur objet, le monde humain-social, qui se caractérise par ses dimensions de totalité, de réflexivité et de volonté.

C’est précisément ce qu’exclut notre définition de la connaissance et de son mode de fonctionnement, calqués unilatéralement sur le modèle des sciences de la nature. En appliquant au monde humain-social une épistémologie qui n’en relève pas, on prive la connaissance de sa puissance de compréhension et d’orientation.

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CONFÉRENCE « La psychologie collective dans une société d’individus, un obstacle infranchissable ? »

« Jamais dans l’histoire humaine les individus n’ont été à ce point individualisés, juridiquement et socialement. Et jamais sans doute, une puissance collective d’un type entièrement nouveau, que nous désignons comme démocratie, n’a été à ce point nécessaire pour répondre aux défis de l’après-croissance qui nous attendent. Jusqu’où cet individu individualisé est-il susceptible de vouloir ignorer tout ce qui pourrait entraver ou déranger son individualisation ? »

Conférence de Jean-Marie Lacrosse, sociologue, professeur émérite de l’UCL et de l’ULg, organisée par le CEPPECS et Etopia

Quand ? Le 9 mai 2015, de 14h30 à 17h30

Où ? Au Pavillon des conférences, Clos Chapelle-aux-champs, 19 à 1200 Bruxelles

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CONFÉRENCE « Etat stationnaire : de la hantise à l’urgence »

Pour un état stationnaire voulu, et non subi.

Conférence de Camille Dejardin, professeur de philosophie et doctorante en sciences politiques à l’université Paris-2, organisée par le CEPPECS et Etopia

Quand ? Le 25 avril 2015, de 14h30 à 17h30

Où ? Au Pavillon des conférences, Clos Chapelle-aux-champs, 19 à 1200 Bruxelles

« Une société sans croissance économique ? L’idée, saugrenue pour les uns, salutaire pour les autres, trouve un écho grandissant à mesure que les politiques occidentales de croissance montrent leurs limites. La réflexion n’est pourtant pas inédite : l’accroissement de la population et de la consommation dans un monde fini n’a pas réellement cessé d’être un objet de préoccupation depuis les prémices de la révolution industrielle. Aussi l’essor récent de la mise en cause écologique ou proprement économique du principe de croissance peut-il apparaître comme la réactualisation, avec des données et des outils d’investigation nouveaux, d’une interrogation originelle. » (in Camille Dejardin : Etat stationnaire, de la hantise à l’urgence, Le Débat, n°182, novembre-décembre 2014, Gallimard)

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Ecopolis, le dimanche 26 avril

Le CEPPECS vous informe des réunions d’associations partenaires.

Oïkos et Etopia organisent le dimanche 26 avril l’ECOPOLIS, un rendez-vous important qui rassemblera des penseurs et des activistes européens de l’écologie politique en provenance des Pays-Bas, du Danemark, du Royaume-Uni, de France et de Belgique. Seront notamment présents Philipp Blom (All),Katherine Richardson (Dan), Marius de Geus (NL), Marek Hudon (BE),Catherine Larrere (FR), Camille Dejardin (FR), Tony Greenham (UK), Henk Van Arkel (NL) et d’autres. Ils interviendront à l’occasion d’ateliers traitant de la pensée écologiste, de la transition économique, des monnaies complémentaires, de l’économie stationnaire, de la question climatique, de la jeunesse, etc.

Où ? Au Kaaitheater, Square Sainctelette 20, 1000 à Bruxelles

L’ECOPOLIS, ce sera une série de conférences, de forum, de prestations artistiques, mais également la remise de deux prix : le premier récompensant le meilleur livre écologiste de l’année 2014, le second récompensant la plus belle nouvelle verte.

Prix ? 6€ la prévente (via le site du Kaaitheater), 8€ sur place et 6€ pour les jeunes et les personnes sans-emploi.

Informations supplémentaires sur http://ecopolis.be

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PUBLICATION « La jeunesse pour quoi faire ? »

Le présent ouvrage est le fruit de 6 ans (2008-2014) de collaboration éditoriale entre le CEPPECS (Collège Européen de Philosophie Politique) et ProJeuneS (Fédération des organisations de jeunesse socialistes et progressistes) au sein de la revue Pro J/Résolument jeunes.

Il est constitué d’une trentaine de textes qui tentent autant de cerner les difficultés que rencontrent les jeunes d’aujourd’hui pour entrer dans la vie, que celles que rencontrent les parents, enseignants et professionnels de la jeunesse pour les y aider. Ceci, tout en interrogeant les lignes de force de la société contemporaine et les rapports éminemment complexes que tout individu entretient avec elle, entre la mutation profonde de la sphère individuelle et intime de chacun(e), et la (re)définition du rapport à l’autre, comme partie du tout social.

Découpé en quatre chapitres, cet ouvrage l’est aussi en deux parties : les trois premiers chapitres développant strictement les questions liées à l’apprentissage, à l’éducation et à la transmission ; le quatrième et dernier chapitre ouvrant un cadre plus large et traitant de la nécessaire refondation du socialisme, comme vecteur historique d’émancipation sociale.

Le livre (version papier, 313 pages) est disponible gratuitement, sur simple demande, en nous écrivant à « admin à ceppecs.eu » ou auprès de ProJeuneS asbl.

Les versions électroniques sont disponibles aux formats PDF ou ePub.

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CONFÉRENCE « Les vraies limites de la croissance : ressources ou poubelles ? »

Conférence de Pierre-Noël Giraud, professeur d’économie à l’Ecole des Mines et à l’université Paris-Dauphine, organisée par le cePPecs et Etopia
Quand ? Le 28 mars 2015, de 14h30 à 17h30
Où ? Au Pavillon des conférences, Clos Chapelle-aux-champs, 19 à 1200 Bruxelles

Les analyses du mur écologique auquel se heurte l’expansion économique ont beaucoup insisté sur la finitude des ressources naturelles. Mais le problème le plus pressant pourrait être ailleurs. Les vraies limites sont d’abord celles des poubelles biologiques indispensables pour absorber nos déchets. (in Le débat n°182, Pierre-Noël Giraud, Ressources ou poubelles ?)

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La débâcle de la pensée

Article écrit par Jean-Marie Lacrosse et publié dans Pro J, n°13,  mars 2015-mai 2015
Version légèrement amendée

En donnant un tel titre à mon propos, je me fournis sans doute l’occasion de tester d’emblée sa pertinence.  Le titre n’est jamais sans importance pour un auteur, qu’il le choisisse avant ou après avoir rédigé l’essentiel de son texte. Il y a et il y a toujours eu de bons et de mauvais titres, tout le monde en conviendra. Mais ce qui caractérise la scène contemporaine, c’est particulièrement vrai dans la sphère médiatique, c’est le classement automatique de l’auteur, à partir du choix même du titre, dans un camp ou dans l’autre, droite ou gauche, progressiste ou réactionnaire par exemple, ou dans un autre registre, antisémite ou islamophobe. Pas besoin à la limite de lire le livre où même pas recommandé de le lire s’il s’avère être du « camp » opposé au sien.

Voilà bien, me semble-t-il, un symptôme caractéristique de la débâcle de la pensée dans laquelle nous nous sommes plongés aujourd’hui. La réception de deux livres récents, qui ont tous deux été de gros succès de librairie, vient spectaculairement d’illustrer ce climat intellectuellement délétère : il s’agit de « L’identité malheureuse » d’Alain Finkielkraut et du « Suicide français » d’Eric Zemmour.  La débâcle de la pensée évoquera donc ainsi, quasi automatiquement, « La défaite de la pensée », un essai d’Alain Finkielkraut datant de 1987, qui ne m’avait pourtant lors de sa sortie pas inspiré outre mesure. Je pensais à l’époque, naïvement peut-être, qu’une nouvelle ère de la pensée, fondée sur la remise en honneur du Politique, était en train de naître, et que les schémas intellectuels, pour l’essentiel nietzscheo-marxistes, qui avaient nourri mes études de sociologie étaient arrivés en bout de course. Il ne faudrait sans doute pas beaucoup plus qu’une décennie, pensais-je, pour que cette nécessaire refondation -le mot n’était pas encore dans l’air du temps- ait lieu. Illusion alimentée par le fait que, dans ce court laps de temps, ce renouveau de la pensée politique disposait en Belgique d’une formidable courroie de transmission médiatique en la personne de Jacques Baudoin et de son émission du dimanche matin « Arguments ».

Le feu de paille qu’aura finalement été ce court épisode reste pour moi un des grands mystères de ma propre trajectoire intellectuelle, entamée au début des années 1970, même si, dès le début des années 1990, on pouvait percevoir chez nos contemporains une incapacité croissante à saisir le sens élémentaire des choses. Lire la suite

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Cycle de conférences « Après la croissance » Printemps 2015

Le cePPecs et Etopia organisent un cycle de conférence sur la thématique de « l’après-croissance ».

Et si, plutôt que de promettre et d’annoncer en vain le retour imminent de la croissance, nos sociétés devaient envisager sa disparition en bonne et due forme ? Et si, à force de vouloir repousser ses limites, nous avions mis en œuvre depuis quarante ans une croissance proprement toxique, à l’origine des graves dérèglements de nos économies, que la crise de 2008 a brutalement révélés. Et si les Trente Glorieuses avaient représenté en Occident une révolution anthropologique, unique en son genre, un saut rapide dans l’histoire de l’espèce qui nous a fait quitter en quelques décennies le froid, la faim, la mort précoce ? Et si, la croissance n’étant plus vitale sur le plan biologique, de nouvelles perspectives s’ouvraient à l’humanité d’après la croissance ?

Telles sont les questions principales que ce cycle se propose d’examiner, successivement sous l’angle économique, historique, psychologique et politique.

Programme détaillé et informations pratiques dans notre brochure.
Vous pouvez également télécharger et imprimer l’affiche pour vous associer, si vous le souhaitez, à la publicité de l’événement.

En partenariat avec :

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Ecouter les conférences du cePPecs

Vous pouvez réécouter l’ensemble des conférences que nous avons organisé.

Les liens qui suivent renvoient à chaque fois à une page reprenant l’ensemble du cycle de conférences mentionné.

Cycle 2007 : L’enfant

Cycle 2007-2008 : Les jeunes, la société des médias

Cycle 2009 : Du bébé à l’adolescent, l’ère de l’indéfinition

Cycle 2010 : Qu’est-ce que le socialisme ?

Cycle 2011 : Qu’est-ce qu’apprendre ?

Nous avons également organisé une conférence unique sur la Belgique.

Lode Wils -  Aux sources des difficultés du fédéralisme belge.  

Télécharger (clic droit « Enregistrer sous… »)

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