Agenda

Depuis octobre 2004, le Réseau ULg – Les Amis de l’ULg et l’Échevinat de l’Environnement et de la Vie sociale de la Ville de Liège unissent leurs efforts afin de proposer des cycles de cours universitaires à tous au sein de l’Université de Liège.

En cette année 2013-2014, le cePPecs a été invité à donner 10 cours dans le cadre du Module « Société et Économie ».

Question d’actualité : vues d’un sociologue sur le monde du football

28 avril 2014
La signification politique du foot et l’état des lieux du foot en Belgique
(Jean-Marie Lacrosse, professeur émérite ULg et UCL)

5 mai 2014
L’engouement pour les diables rouges : phénomène sportif et/ou politique ?
(Jean-Marie Lacrosse, professeur émérite ULg et UCL)

Les cours ont lieu le lundi de 16h à 18h dans le Grand Amphithéâtre de l’Institut d’Anatomie, rue de Pitteurs 20, 4020 Liège.
Accès en bus : lignes 4, 10, 13, 17, 29, 33, 35, 38b, 140 et 68.

Informations complémentaires dans la brochure disponible ici

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PISA 2012 : La Finlande a-t-elle définitivement quitté la tête de la course ?

Article écrit par Jean-Marie Lacrosse et publié dans Pro J, n°9,  mars-mai 2014.

Comme chaque fois que sortent les résultats des fameux tests PISA (1) – faut-il encore rappeler le sens de cet acronyme tant il a gagné mondialement en célébrité depuis sa première édition en 2000 – nous avons droit à un déluge de commentaires et d’analyses dans les médias, tous pays confondus. Ainsi si l’on tape « Pisa 2012 » dans Google actualités on obtient 116.000 entrées. Certes chacun des médias nationaux se penche avant tout sur ses propres résultats mais il est des pays qui suscitent à chaque épreuve un intérêt global, les premiers de la liste évidemment, et parmi ceux-ci, pour les européens en tout cas, la Finlande. Ce pays nordique, rappelons-le, avait créé la surprise en se classant parmi les « top performers » dès la première épreuve (en 2000), puis en confirmant et même en accentuant sa suprématie en 2003 et 2006, avant de fléchir légèrement en 2009 sans cependant quitter le peloton de tête en compagnie des incontournables pays asiatiques Hong-Kong, Corée du Sud, Shanghai, Singapour, etc. Il est dès lors un peu étonnant que personne, à ma connaissance en tout cas, n’ait attiré l’attention sur sa relative dégringolade en 2012. Certes la Finlande reste 5ème en science et 6ème en lecture et premier pays européen dans ces domaines derrière les habituels champions asiatiques. Mais en mathématiques, elle recule à la 12ème place, dépassée en Europe même par le Lichtenstein(!), la Suisse, les Pays-Bas et l’Estonie, évidemment derrière les indépassables tigres d’Asie.

Cette discrétion ne serait pas si étrange si la Finlande n’avait acquis entretemps le statut d’un véritable « mythe moderne » (2). Plus la crise de l’éducation se renforçait, plus le marasme de l’école s’accentuait et plus la référence à la Finlande prenait une dimension proprement salvatrice. « Inspire-toi du modèle finlandais » voilà ce que l’on répétait inlassablement aux enseignants exténués par les difficultés croissantes du métier, difficultés constatées, à des degrés divers bien sûr, à tous les niveaux et dans tous les secteurs de l’enseignement.

Que nous disaient en substance les nombreux pèlerins de retour de leur voyage dans cet éden éducatif ? Car, flatté de cette renommée mondiale, jointe à celle de ses fameux téléphones portables (l’entreprise Nokia et le système public d’éducation finlandaise ont été fondés à peu près à la même date, au début des années 1860), ce pays notoirement modeste et discret avait su en tirer le meilleur parti, en organisant et en canalisant des visites guidées centrées autour de quelques expériences-phares. En une dizaine d’années la Finlande était devenue un haut lieu de tourisme éducatif et exportait partout dans le monde au même titre que ses GSM, ses conseillers experts en éducation. Le message des pèlerins rentrés au pays était clair et sans ambages : la réussite de la Finlande vient de ce qu’elle a su aller jusqu’au bout de l’innovation pédagogique alors que nos systèmes éducatifs sont restés en rade au milieu du gué. N’en prenons pour exemple qu’un texte qui a beaucoup circulé : le compte rendu que fait Paul Robert, principal du collège Nelson Mandela de Clarensac (Gard), de sa visite d’étude en 2006, une visite regroupant 18 responsables éducatifs, issus de 14 pays, de la Norvège à la Turquie (3). « Tout au long de ma visite, nous dit le principal, je n’ai pas assisté à un seul cours magistral. J’ai toujours vu des élèves en activités, seul ou par groupe, j’ai toujours vu des professeurs sollicitant leur participation et attentifs à leurs demandes (…). Certes, on connaît en France, les méthodes dites « actives ». Mais on ne peut affirmer encore aujourd’hui qu’elles se soient généralisées. Dans la pratique combien observe-t-on de cours magistraux où l’élève passe le plus clair de son temps à copier la leçon ? La Finlande veut que ses élèves accèdent au savoir avec enthousiasme et cela n’est possible qu’en les rendant pleinement acteurs de leur apprentissage ».

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Les filles sont les grandes victorieuses de l’école d’aujourd’hui

Marcel Gauchet était l’invité de la matinale sur France Inter ce lundi 17 février 2014 et a répondu aux questions de Patrick Cohen et des auditeurs.


1ère partie


2ème partie

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Marie-Claude Blais, Marcel Gauchet, Dominique Ottavi, « Transmettre, Apprendre »

Transmettre, Apprendre
Marie-Claude Blais, Marcel Gauchet, Dominique Ottavi
Stock
Parution le 12 février 2014

Apprendre, qu’est-ce que cela veut dire ? Qu’est-ce que cela suppose ? Par quelles voies cela passe-t-il ? À ces questions, l’école contemporaine apporte une réponse catégorique : l’école traditionnelle s’est trompée, elle a voulu transmettre des connaissances détenues par un maître en les inculquant à des élèves passifs. Cette pédagogie de l’imposition ne marche pas. Il faut lui substituer une pédagogie active faisant de l’enfant l’acteur de la construction de ses savoirs.
Nous sommes au moment où cette réponse se révèle aussi fausse, dans sa demi-vérité, que la philosophie antérieure. Tout est à reprendre. C’est le problème fondamental de l’école d’aujourd’hui, plongée dans une incertitude complète sur la nature de l’opération qu’il lui revient d’effectuer.
C’est le problème que ce livre s’efforce d’éclairer. D’abord, en dégageant les origines historiques de ce nouveau modèle pédagogique. Ensuite, en en montrant par plusieurs exemples les limites. Enfin et surtout, en instaurant une réflexion sur cette expérience primordiale dont les adultes refoulent le souvenir : la difficulté d’apprendre, qui ne se sépare pas de la nécessité d’une transmission. À quelles conditions, de quelle manière, par quels dispositifs, une telle transmission est-elle possible ? Il ne s’agit pas ici d’apporter des solutions toutes faites, mais de contribuer à dessiner le cadre d’une entreprise nécessaire de refondation.

Extraits

Rupture dans la transmission?

«On le voit, le paradoxe de la transmission aujourd’hui, c’est qu’elle perdure avec vigueur, bien qu’elle soit par principe récusée, en particulier en matière de pédagogie. Dans ce domaine, certains observateurs parlent même d’“évitement de la transmission”, à l’instar de cette formatrice en arts plastiques qui voit les jeunes enseignants valoriser pour leurs élèves la démarche expérimentale et la “confrontation aux matériaux”, plutôt que les savoirs et savoir-faire qu’ils ont eux-mêmes reçus de leurs maîtres, en matière de dessin par exemple. (…)

Ce qui frappe l’observateur contemporain, c’est un retrait significatif des adultes, parents ou enseignants, de l’acte de transmission au profit de la liberté de choix et de l’expérimentation par soi-même. Toute appartenance ou affiliation est vue comme un obstacle à la liberté et à la créativité, perçue comme un déterminisme inacceptable ou comme l’imposition d’un réseau d’obligations et de dettes à l’égard de crimes que les nouveaux n’ont pas commis. Elle est rejetée pour son incompatibilité avec le présupposé individualiste de la démocratie: “L’individu est fils de ses œuvres.” Elle est refusée en tant que facteur d’inégalité, au même titre que l’ancienne transmission des charges, privilèges et places sociales. Aucune hiérarchie entre les êtres n’est plus admissible. Or la transmission, qui repose sur la différence des générations, est implicitement soupçonnée d’asseoir la supériorité des anciens. Chaque génération devrait commencer sa trajectoire pour son propre compte. (…)

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Cours à l’ULg

Depuis octobre 2004, le Réseau ULg – Les Amis de l’ULg et l’Échevinat de l’Environnement et de la Vie sociale de la Ville de Liège unissent leurs efforts afin de proposer des cycles de cours universitaires à tous au sein de l’Université de Liège.

En cette année 2013-2014, le cePPecs a été invité à donner 10 cours dans le cadre du Module « Société et Économie » centrés sur la question des nouvelles conditions de l’éducation, à l’exception des deux derniers cours qui porteront sur une question d’actualité et exposeront les vues d’un sociologue sur le monde du football.

Nouvelles conditions de l’éducation
10 février 2014
Un nouvel être-ensemble : une « mutation anthropologique » ?
(Jean-Marie Lacrosse, professeur émérite ULg et UCL)

17 février 2014
Les conditions de l’éducation : la nécessité d’un raisonnement « transcendantal » sur l’éducation
(Jean-Marie Lacrosse, professeur émérite ULg et UCL)

24 février 2014
Famille et école : de la collaboration à la confrontation
(Bruno Sedran, psychopédagogue et coordinateur dans une AMO)

10 mars 2014
La phobie scolaire, une pathologie des tensions famille/école ?
(Bruno Sedran, psychopédagogue et coordinateur dans une AMO)

17 mars 2014
Les nouvelles conditions de la venue au monde : l’enfant du désir
(Martin Dekeyser, doctorant à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales EHESS – Paris)

24 mars 2014
Les difficultés inédites de l’entrée dans la vie adulte
(Martin Dekeyser, doctorant à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales EHESS – Paris)

31 mars 2014
Crise des savoirs et déclin de l’université
(Jean-Marie Lacrosse, professeur émérite ULg et UCL)

Question d’actualité : vues d’un sociologue sur le monde du football
28 avril 2014
La signification politique du foot et l’état des lieux du foot en Belgique
(Jean-Marie Lacrosse, professeur émérite ULg et UCL)

5 mai 2014
L’engouement pour les diables rouges : phénomène sportif et/ou politique ?
(Jean-Marie Lacrosse, professeur émérite ULg et UCL)

Les cours ont lieu le lundi de 16h à 18h dans le Grand Amphithéâtre de l’Institut d’Anatomie, rue de Pitteurs 20, 4020 Liège.
Accès en bus : lignes 4, 10, 13, 17, 29, 33, 35, 38b, 140 et 68.

Informations complémentaires dans la brochure disponible ici

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Stanislas Dehaene : « On observe souvent un déni de la réalité scientifique »

Entretien avec Stanislas Dehaene publié le 3 février 2014 sur le monde.fr
Propos recueillis par Emma Paoli.

Pour le professeur au Collège de France, psychologue cognitif et neuroscientifique, ce sont les méthodes d’apprentissage de la lecture qu’il faut revoir afin de lutter contre l’illettrisme.

Tous les enfants peuvent-ils vraiment apprendre à lire ?

Oui, même les dyslexiques sévères, à condition de leur proposer un enseignement systématique. Le principe alphabétique ne va pas de soi. Il faut en enseigner explicitement tous les détails : la correspondance de chaque lettre ou groupe de lettres avec un son du langage, la distinction entre voyelle et consonne, le déroulement du mot de la gauche vers la droite, les lettres muettes, les terminaisons grammaticales – et cela, avec une progression systématique du plus simple au plus complexe, et sans jamais proposer à l’enfant de mots dont on ne lui ait pas enseigné, d’abord, les clés de lecture.

Vos recherches en imagerie cérébrale démontrent que tous les enfants bénéficient des mêmes capacités cognitives. Alors, comment expliquer que les élèves issus de milieux défavorisés ont plus de difficultés que les autres pour apprendre à lire ?

Les réseaux fondamentaux de la vision et du langage sont effectivement les mêmes pour tous. Ce qui manque, en revanche, aux plus démunis, c’est un environnement stimulant. Faute de livres, leur vocabulaire est réduit. Faute de jeux intelligents, leur flexibilité cognitive est moindre. Résultat : ils sont plus vulnérables que les autres aux troubles de l’apprentissage.

Les enseignants font pourtant beaucoup pour eux. Comment peuvent-ils les aider à surmonter ces troubles, notamment en lecture ?

En s’adaptant au fonctionnement cognitif des élèves. Cela signifie que l’enseignement doit insister sur la conversion des lettres en sons. Pourquoi ? Parce que quand un enfant apprend à lire, son cerveau effectue trois étapes. La première consiste à identifier la séquence de lettres. La deuxième, le décodage de leur prononciation. Et c’est seulement en dernier qu’intervient le sens. Il faut attendre plusieurs années avant que la lecture devienne un automatisme. Seul un lecteur expert passe directement des chaînes de lettres à leur signification. C’est pourquoi le déchiffrage des lettres, qui ne devient automatique qu’au bout de deux ou trois ans chez un enfant, est une étape extrêmement importante. Penser qu’on peut la court-circuiter afin d’accéder directement au sens des mots, à leur signification, est une grave erreur. C’est néanmoins ce que proposent certaines méthodes mixtes.

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Ecole : qui décroche, les élèves ou les profs ?

Chronique d’Eric Conan publiée le 6 décembre 2013 dans Marianne.

Ne plus pouvoir nier que le niveau baisse ne suffit pas pour en expliquer les raisons.

La publication des derniers résultats de l’enquête PISA de l’OCDE sur le niveau des performances scolaires françaises qui ne cesse de s’effondrer depuis 20 ans a suscité le même psychodrame et les mêmes larmes de crocodiles que lors des épisodes précédents. Cette fois-ci il s’agissait des maths, précédemment de l’écrit et des sciences. Une autre étude (PIRLS) attestait il y a peu d’un effondrement de la capacité de lecture des écoliers français tandis qu’il y a quelques mois une enquête non internationale mais franco-française concluait à la dégradation du niveau des élèves français en Histoire et Géographie (pour les mêmes programmes) par rapport à celui de leurs précurseurs d’il y a seulement six ans.   

La routine ? Non, une chose a changé : les réactions qui suivent ces annonces.Cette baisse de niveau fut longtemps niée, moultes experts sans scrupules (la technostructure du Ministère de l’Education en regorge) nous expliquant qu’il fallait savoir interpréter ces résultats plein de biais statistiques et conclure au contraire que tout allait pour le mieux. Cela n’est plus possible parce que Vincent Peillon est le premier de tous les ministres de l’Education à avoir décidé de ne plus nier le désastre, mais au contraire de le reconnaître et de faire savoir sans détour que « les résultats des élèves français sont de plus en plus mauvais ». Le premier mérite de Peillon aura donc été de nous  débarrasser des litanies des Mérieu, Baudelot, Establet, Dubet, Wierviorka, Pennac qui fustigeaient jusqu’ici tous les « rabat-joie » et les « réactionnaires » s’inquiétant de la dégradation des performances du système éducatif français.

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La cause des parents

Emission « Du grain à moudre » diffusée sur France Culture le 25 décembre 2013, présentée par Olivia Gesbert, avec pour invités Dominique Ottavi, maître de conférences en Sciences de l’éducation ; Michel Dugnat, pédopsychiatre et psychiatre, praticien hospitalier, responsable de l’unité d’hospitalisation conjointe parents-enfant du service de psychiatrie infanto-juvénile du professeur François Poinso ; Marie-Hélène Feynas, responsable d’une structure d’accueil parents/enfants.

A l’époque, il trouvait une orange sous le sapin. Il n’avait pas le droit de parler à table, devait se tenir droit, fermer sa bouche, tout goûter et demander avant de sortir de table. Etait-il moins aimé ? L’histoire ne le dit pas.
Aujourd’hui, le « il » est devenu « l’enfant ». Un être en devenir. Une personne en soi, sujet de désir et de toutes les attentions. Le Père Noël l’a gâté, tant que faire se peut. D’année en année, la liste des souhaits s’allonge et pour rien au monde ses parents ne voudraient faire de ce matin de fête son jour le plus noir.

Si l’on fait un portrait-robot de l’enfant aujourd’hui, on se rend compte que les spécialistes le décrivent comme un « roi » ou comme un « tyran ». L’enfant est choyé, écouté et plus autonome qu’il ne l’était avant. Mais il n’est pas forcément plus heureux, et laisse parfois ses parents les bras ballants, impuissants à répondre à ses attentes.

Mais qu’attendent-ils vraiment ? Là encore, l’histoire ne le dit pas.

Au Grain à moudre, nous avons choisi le jour de Noël pour réaliser un portrait de groupe, pour prendre une photo de famille, celle de la famille française à l’aune des relations parents-enfants.

En 2013, cette famille française a connu dans les textes de loi une nouvelle transformation : l’adoption du Mariage pour tous et la reconnaissance de l’homoparentalité avec la possibilité pour les couples homosexuels d’adopter.

Parents-enfants : qu’est-ce qui a changé ? Comment les adultes vivent-ils aujourd’hui leur « parentalité » ? Nos enfants sont-ils devenus des tyrans ? Par les temps qui courent, on imaginerait bien une émission qui défendrait non plus « la cause des enfants », chère à François Dolto, mais celle « de leurs parents »…

Lien vers l’enregistrement audio de l’émission

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FLASHBACK : Un « grand entretien » dans Télérama

Entretien avec Marcel Gauchet publié le 13 décembre 2010 dans Télérama n°3178.
Propos recueillis par Gilles Heuré et Olivier Pascal-Moussellard.

Marcel Gauchet : “Je crois très profondément que la possibilité d’Etats totalitaires est révolue”

Si les dictatures existent toujours et que la barbarie politique demeure, les totalitarismes, comme le nazisme ou le bolchevisme, sont morts. En historien iconoclaste, Marcel Gauchet met à nu les ressorts de ces régimes autoritaires particuliers.

Dans le troisième tome de sa monumentale étude L’Avènement de la démocratie (1), Marcel Gauchet analyse les totalitarismes, bolchevique, italien et allemand, qui ont gangrené le XXe siècle. Ce regard scientifique bouscule un peu les genres. Marcel Gauchet, historien, est aussi philosophe politique, traquant les ressorts parfois inconscients qui président aux doctrines et au fonctionnement de ces régimes. Les totalitarismes sont révolus, mais la barbarie politique n’a pas dit son dernier mot. Et les sociétés actuelles feraient bien de savoir d’où elles viennent. Lire la suite

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L’actualité de Lapassade

Article écrit par Martin Dekeyser et publié dans Pro J, n°8,  décembre 2013-février 2014.

Le philosophe Georges Lapassade publie sa thèse d’Etat sur l’entrée dans la vie en 1963. Un titre trompeur puisqu’il y propose en réalité une nouvelle conception de l’existence, tant individuelle que collective. « L’homme est non seulement actuellement inachevé – comme le pensaient Marx et Nietzsche – mais il est inachevé dans son être » (1), inachèvement qu’amplifie l’orientation historique des sociétés modernes.

Dans un tel cadre, la vie entière s’identifie au mouvement, au changement, à l’ouverture aux possibles, à la révolution permanente, à l’invention ininterrompue, à l’inachevé, à l’immaturité, au jaillissement, à l’improvisation, à la spontanéité. En regard, la stabilité, la fixité, la maturité, c’est la mort.

Dès lors, les normes et les structures sociales qui font de l’achèvement une finalité constituent un obstacle au plein déploiement de la dynamique vitale, un obstacle illusoire et arbitraire dont il s’agit de s’émanciper, que ce soit l’étalon adulte sur le plan de la vie individuelle ou la société bureaucratique sur le plan de la vie collective. « L’homme n’entre pas une fois et définitivement, à tel moment de son histoire, dans un statut fixé et stabilisé qui serait celui d’un adulte. Au contraire : son existence est faite d’entrées successives qui jalonnent le chemin de sa vie » (2).

Difficile de ne pas reconnaître dans ce qui précède la représentation que nous nous faisons spontanément de l’existence. Or c’était très loin d’être le cas à l’époque où Lapassade écrivait. En ce sens, sa thèse a été prophétique, elle conserve toute son actualité. D’où l’intérêt qu’elle peut susciter encore aujourd’hui pour la réflexion, cinquante après, dans une société qui se consacre massivement à la réaliser concrètement.

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