Le passage à l’Europe

A l’occasion de la parution chez Gallimard de la traduction française du livre de Luuk van Middelaar, « Le passage à l’Europe », Bozar Littérature vous convie à un débat autour de la crise de l’Euro auxquels participeront, outre l’auteur, Paul Magnette (PS), Philippe Van Parijs (professeur à la KUL et Harvard), Herman Van Rompuy et Philippe Ricard (correspondant européen du Monde) le lundi 23 janvier 2012 à 19h au Palais des Beaux-Arts, Rotonde Bertouille, rue Ravenstein à Bruxelles.

Luuk van Middelaar (1973) est philosophe et historien, auteur du Politicide (1999) et ancien chroniqueur au quotidien NRC Handelsblad. Après avoir travaillé tant au cabinet d’un commissaire européen à Bruxelles qu’au Parlement néerlandais, il est depuis 2010 la plume du premier Président du Conseil européen, Herman Van Rompuy.

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Lien vers un compte-rendu de son ouvrage : Enfin, le grand récit qui manquait à l’Europe !

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N’y a t-il qu’une seule modernité, celle de l’Occident ?

Emission « Les Matins » sur France Culture du 20 janvier 2012.

Avec le philosophe, romancier et indianiste iranien Daryush Shayegan.

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Mémoire et histoire

Emission « Répliques » sur France Culture du 14 janvier 2012 avec l’historien Pierre Nora.

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Pour un démontage concerté de l’euro

Point de vue publié dans le Monde du 23 décembre 2011 par par Gabriel Colletis, Alain Cotta, Jean-Pierre Gérard, Jean-Luc Gréau, Roland Hureaux, Gérard Lafay, Philippe Murer, Laurent Pinsolle, Claude Rochet, Jacques Sapir, Philippe Villin, Jean-Claude Werrebrouck, économistes.

La véritable cause de la crise de l’euro, c’est la montée inexorable de la dette extérieure dans la moitié des pays de la zone. La nécessité de faire appel à des capitaux étrangers indique que la question cruciale est que leurs ressources propres n’ont pas été utilisées suffisamment pour développer les capacités productives des pays concernés et les rendre compétitives. Si l’on retranche les créances que possède chacun des pays, une dette extérieure nette touche les deux tiers des membres de la zone euro.

Les plus affectés sont les pays les moins compétitifs, comme la Grèce, le Portugal et l’Espagne ainsi que l’Irlande. Un deuxième groupe de pays comprend l’Italie, où la dette extérieure nette est de 27 %, et la France, dont les 30 % sont dus pour l’essentiel à une accumulation de sorties de capitaux d’investissements directs à l’étranger ; pour la Finlande et l’Autriche, la dette nette demeure minime, représentant moins de 8 % de leur PIB. Non seulement les autres pays de la zone euro ne sont pas concernés, mais ce sont au contraire des créances extérieures nettes qui apparaissent pour les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg et surtout pour l’Allemagne.

Dans ces conditions, l’obstination des gouvernants à foncer, à marche forcée, dans l’impasse de l’euro ne peut conduire qu’à une aggravation générale de la situation économique en Europe. Bien que nos concurrents américain et chinois aient intérêt à la survie de la monnaie unique européenne, celle-ci est condamnée, tôt ou tard, à une explosion incontrôlable. C’est pourquoi, afin d’éviter ce désastre, les signataires de ce texte proposent qu’une concertation européenne soit engagée en vue d’aboutir au démontage nécessaire de l’euro. Celui-ci pourra se faire selon les six modalités suivantes.

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Remédions à la fracture culturelle française !

Point de vue publié dans le Monde du 21 décembre 2011 par par Rony Brauman, Philippe De Lara, Alain Finkielkraut, Marcel Gauchet, Jean-Luc Gréau, Catherine et Pierre Grémion, Christophe Guilluy, Jean-Pierre Le Goff, Pierre Manent, Philippe Raynaud et Paul Thibaud.

L’élection présidentielle, nous en approchons au milieu d’une inquiétude collective et d’une confusion que les hommes politiques devraient avoir à coeur de dissiper pour que leurs propositions aient une base crédible. Cette nécessaire clarté, avant d’être celle des faits et des chiffres, doit être celle du cadre de pensée qui leur donne sens. C’est à une telle clarté, dans la manière d’aborder certains problèmes qui nous inquiètent tous, que nous voudrions contribuer.

A propos de la crise des dettes souveraines et de l’Europe, on entretient la confusion en prétendant que l’on va surmonter la crise financière en renforçant de manière précipitée la « gouvernance » européenne pour resserrer la discipline budgétaire, comme si c’était une réponse à la tension entre l’unité monétaire et les écarts séparant les économies réelles. Ce réflexe des responsables de l’Union (toujours en train de « sauver l’Europe ») est d’un style bien connu, trop connu : la fuite en avant, l’avancée à l’aveugle, la décision selon la conjoncture. Une telle absence de recul ne permet guère de prévoir les effets, elle explique qu’on ait négligé l’hétérogénéité de la zone euro et longtemps ignoré le danger des bulles spéculatives : nous en payons maintenant le prix.

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La « France des invisibles »

Emission « Les Matins » sur France Culture du 14 décembre 2011.

Dans la lignée de notre précédent billet sur « Le peuple et la gauche », nous poursuivons notre réflexion sur la question de l’invisibilité du peuple et de son abandon par la gauche socialiste et radicale.

Qui sont tous ces français qu’on ne voit plus (ou qu’on ne veut plus voir), ces classes populaires qui représentent 60 % de la population (ouvriers, employés, retraités, …) ? La France des oubliés fait-elle retour dans le débat politique ? « Rien n’est moins sur, car la seule qui cite la France invisible, c’est… Marine Le Pen ! Déclarant justement dimanche dernier en Lorraine vouloir être la présidente « des oubliés » et des « invisibles. Alors que le vote des classes populaires risque d’être déterminant en 2012, une question taraude nos invités : que fait la gauche ? A-t-elle définitivement choisi, comme lui préconisait un rapport de Terra Nova en mai 2011 d’abandonner les classes populaires et de se tourner désormais vers d’autres catégories sociales ? A-t-elle donc reporté toute son énergie vers d’autres combats, et ce au détriment de la majorité invisible ? »

Avec :
- le géographe Christophe Guilluy, auteur de « Fractures françaises » (Bourin, 2010) et contributeur à l’ouvrage collectif qui vient de paraître « Plaidoyer pour une gauche populaire : la gauche face à ses électeurs » (Editions le Bord de l’eau, 2011)
- le journaliste du Nouvel Observateur Hervé Algalarrondo, auteur de « La gauche et la préférence immigrée » (Plon, 2011)

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« Un gâchis phénoménal »

(Source : L’Est Républicain)

L’historien et philosophe Marcel Gauchet, qui donnait une conférence à Nancy, appelle à « une remise à plat » de l’université .

Où va l’université ? Elle ne le sait pas elle-même, répond en substance Marcel Gauchet. Historien, philosophe, rédacteur en chef de la revue « Le Débat », directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales, il ne s’inscrit surtout pas dans la lignée des intellectuels de salon se lovant dans un confort conceptuel bardé de certitudes. Les concepts sont pour lui des outils destinés à triturer les mécanismes à l’apparence trop bien huilée pour mettre en lumière les dysfonctionnements cachés de la machinerie, les intentions non avouées de certaines réformes comme… la réforme des universités, la fameuse LRU. Dont il ne s’est pas privé de dire tout le mal qu’il en pensait, lui qui place l’enjeu éducatif au cœur de la société, lors d’une conférence donnée jeudi à Nancy, à l’invitation de l’Isam-IAE.

Un intervenant qui peut paraître iconoclaste au sein d’une école de gestion qui avait pris soin d’étendre les invitations à l’ensemble de Nancy 2. Mais justement parce que les sciences de gestion ne veulent pas être réduites à la caricature du cost-killer costume trois-pièces, et qu’elles s’inscrivent de surcroît dans un cursus universitaire, Marcel Gauchet a fait un tabac devant un parterre de 250 auditeurs, profs et étudiants.

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Le Débat, n°167, novembre-décembre 2011


PUBLICATION
Revue Le Débat, n°167, novembre-décembre 2011, Editions Gallimard.
185 x 260 mm ; 192 pages

Jean Daniel : Le doute est un glaive. Entretien.

Des mondes en mouvement (suite)
Bryan Gould : Le défi chinois.
Perry Anderson : Le Brésil de Lula.
Dina Khapaeva : La Russie poutinienne : morphologie d’un cauchemar.
Zaki Laïdi : Les BRICS : un cartel d’ambitions souverainistes.

Le Rwanda, le génocide et la France
Stéphane Audouin-Rouzeau, Jean-Pierre Chrétien, Hélène Dumas : Le génocide des Tutsi rwandais, 1994 : revenir à l’histoire.
Hervé Deguine, Stephen Smith : Rwanda : des morts qui servent à tuer.
Hubert Védrine : Comprendre le contexte stratégique, sans anachronisme.

Système de santé : de l’impasse à la réforme
Guy Vallancien : Le médecin du XXIe siècle. Sa place et son rôle.
André Grimaldi, Olivier Lyon-Caen : Pour une réforme du système de santé.
Claude Le Pen : Le défi de l’efficience.
Didier Tabuteau : La crise de la médecine : comment en sortir ?
Guy Vallancien : Changer de modèle.
Nicolas Sornin : La santé, affaire d’État.
Bernard Granger : L’AP-HP dans la tempête.

Emmanuel Cauvin : Révolution dans la nouvelle cité électronique.

Autour de À l’épreuve des totalitarismes de Marcel Gauchet
Uwe Backes : Convergences structurelles.
Stéphane Courtois : Volonté de puissance et terreur.
Philippe de Lara : L’empreinte du totalitarisme.
Krzysztof Pomian : La violence et ses phases.
Philippe Raynaud : Les logiques totalitaires.
Marcel Gauchet : Religions séculières : origine, nature et destin.

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Pourquoi tant d’élèves en échec aujourd’hui ?


« La cause principale de l’échec scolaire massif tient aux interdits édictés par l’idéologie dominante en matière d’apprendre. Les élèves sont tout simplement, par l’éducation même qu’ils ont reçue et reçoivent, entièrement acquis au paradigme dominant naturaliste, inductionniste et constructionniste. Ils refoulent et refusent toutes les opérations mentales qui ne s’inscrivent pas dans ce cadre. En s’amputant ainsi de ce qui représente des dimensions essentielles de l’acte d’apprendre, les opérations spécifiques par lesquelles on accède à un univers symbolique constitué avant soi et toujours irréductiblement extérieur à soi, les étudiants se mettent eux-mêmes en situation d’échec.

Naturalistes, ils ont désactivé la volonté et l’effort. Inductionnistes, ils ont énormément de mal avec tout ce qui relève de la déduction, toutes les opérations mentales qui vont du tout vers la partie. Constructionnistes, ils veulent construire eux-mêmes leurs savoirs et n’accordent que peu d’attention ou de considération aux savoirs construits par l’histoire avant eux lorsque leurs enseignants s’efforcent de les leur transmettre. S’ils sont incapables de réception c’est parce qu’elle ne peut déboucher selon eux que sur une sorte de singerie sans valeur et sans intérêt réel. »

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Natacha Polony à propos de l’éducation

Entretien publié par Le nouvel Economiste.fr avec Natacha Polony, journaliste et essayiste française, spécialisée dans l’éducation, auteur entre autres de « Ecole : le pire est de plus en plus sûr » (Mille et une nuits, 2011).

« Natacha Polony passe au crible le système scolaire et ses manquements. De la méthode globale – dont les ambitions égalitaires pénalisent tous les élèves – au culte de l’immédiateté – qui tue le temps long et la forme d’abstraction nécessaires à la lecture – en passant par le culte de la liberté d’expression – qui s’exerce au détriment des apprentissages – et la peur du traumatisme – qui interdit toute sanction –, tout y passe. Jusqu’à la récompense accordée sans effort et donc obtenue sans fierté et jusqu’au respect exigé sans contrepartie. A l’arrivée : le portrait d’une école qui crée de l’injustice en entretenant les clivages “ entre ceux qui ont les moyens de se payer Acadomia et les autres” et n’a plus qu’une ambition : “fabriquer de la bonne employabilité”. Et derrière elle, celui d’une société où l’individu écrase peu à peu le collectif et où la démocratie produit plus d’aliénation qu’elle ne libère. Une société en cours de décivilisation “où chacun fonctionne comme une sorte de structure solitaire qui exige des autres mais qui jamais ne se sent redevable”. Brutal et utile. »

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